Plasticienne, diplômée de l’école des Beaux-Arts de
Toulouse et docteur
en Arts Plastiques.
Elle vit et travaille à Toulouse.
"Son
travail de sculpture questionne les matières organiques (crépine,
boyau, fourrure, cuir) ou recherchées (cristal, verre) et les formes
issues du corporel : turgescences, rondeurs, protubérances,
écoulements. Ces dernières sont parfois directement représentées,
ainsi dans Lustre 1 (2006) où des boyaux blanc gonflés,
s’enroulent sur un lustre aux pointes aiguës, le tout recouvert
d’une crépine transparente. L’alliance de matériaux
contradictoires dans leur nature et leur aspect confère à l’objet
un caractère ambigu, oscillant entre la chaleur des entrailles et
l’inertie de la sculpture, entre l’offrande d’un corps
s’ouvrant dans son organicité et l’agressivité de sa défense.
Dans cette pièce, comme dans la majeure partie du travail, désir et
retrait se côtoient au sein du même geste.
Par
delà son caractère organique et l’ambiguïté qu’il appelle, le
travail plastique de Céline Cadaureille s’inscrit tantôt dans une
relecture du baroque et du memento mori – ainsi l’écoulement
de Shell (2006) rappelle-t-il les verres brisés d’un
Stoskopff -, tantôt dans celle d’un art de l’amulette (Black
Mamba, Vagina Dentata ou Fur, 2008 et 2009) dans
lequel celle-ci, à la fois, suggère et conjure le destin. Mais
cette relecture n’est pas que formelle, elle porte aussi sur ce que
le sensible suggère d’immatérialité. Ainsi les « limites
du voir » référeraient-elles moins à une crainte de la
transgression dans le présent qu’à celle d’un châtiment dans
l’au-delà – quand bien même ce dernier ne se formulerait-il pas
en termes chrétiens, mais sous la forme d’une représentation
obscure d’un destin qu’une transgression pourrait infléchir
jusqu’au funeste."
Michel
Métayer
Mai
2010